Je n’ai pas tapé ces élèves!

Violence à l’école

TEMOIGNAGE : Le professeur du Landeron accusé de violence contre trois de ces élèves en février dernier se livre. Il raconte sa version de l’affaire.

« Ce qui m’a énervé c’est qu’on écrive que j’avais pété les plombs »

” Aujourd’hui, ce que je souhaiterais dire haut et fort à la presse c’est que je n’ai pas tapé ces élèves! Cette information-là n’a jamais été écrite nulle part. Et je souhaiterais vivement qu’elle le soit, car cette histoire m’a collé une étiquette de prof méchant, ce qui n’est pas le cas.

La preuve ? J’ai repris mes fonctions au sein du Collège des Deux Thielles au Landeron après les vacances de Pâques. Je ne cache pas qu’il a fallu faire quelques mises au point avec la direction, mais depuis-là, tout va mieux. C’est le bonheur dans ma classe, il y a maintenant quinze élèves. C’est une situation agréable et propice à l’enseignement. Trois élèves difficiles ont été placés en institution et ont donc disparu du circuit scolaire dit « normal », une autre a été changée de collège.

Un soulagement ! Ces élèves-là, bien que certainement malheureux, affichaient des comportements de voyous. Je tiens à préciser que contrairement à ce qu’annonçaient « L’Express » ou « Le Matin » en février dernier, je n’ai pas été suspendu de mes fonctions. C’est mon médecin, me connaissant bien, qui m’a mis à l’assurance pour me protéger. Il savait que j’étais quelque peu surmené, peut être peut-on parler de burn out, et m’a conseillé de me reposer pendant une longue période. Mais si ça n’avait tenu qu’à moi, je serais retourné travailler. Je ne suis pas un profiteur ni un fainéant. Enseignant au secondaire depuis 2005, j’étais au préalable prof de sport et auparavant j’ai travaillé également dans des institutions.

Exemple flagrant d’un manque de respect envers un enseignant:

Confiance trahie

D’un commun accord, le directeur de l’établissement et moi-même avons décidé de ne pas parler aux médias dans les deux semaines qui ont suivi le scandale. Une journaliste de la presse régionale m’a appelé en mentionnant que selon les dires de la direction, j’avais été suspendu. Me sentant attaqué par cette information calomnieuse, j’ai tout de suite voulu clarifier ce point. Je lui ai donc livré ma version des faits en pensant qu’elle en ferait bonne usage. Le jour suivant, une personne de ma famille me téléphone en disant : « il y a un article sur toi, mais il y n’a  pas que des bonnes choses à ton propos.». Je me suis donc procuré le journal en question et j’ai lu mes propos qui étaient, à mon grand regret, déformés. Certaines informations que j’avais livrées à mon interlocutrice à titre d’exemple figuraient à mon désavantage, alors que j’avais bien précisé de ne pas les utiliser dans son article. Suite à cet épisode, j’étais fâché et je me suis senti trahi par la journaliste.

L’étiquette reste

Cet article m’a d’ailleurs porté du tort, car beaucoup de monde dans mon entourage l’a lu. Les gens me collaient ensuite soit l’étiquette du professeur violent, soit ils me faisaient des blagues à ce propos. Encore dernièrement en allant au supermarché, il y a une vieille dame qui m’interpelle : « Alors Monsieur, on tape toujours ses élèves ? ». Ras-le-bol de cette réputation que les médias m’ont faite et qui ne s’oublie pas si facilement. Même si mon exposition médiatique ne m’a pas affecté plus que ça, car au final j’en sors indemne et j’ai pu garder mon poste. Je souhaite dorénavant aller de l’avant.”

Chronologie de l’affaire

31 janvier 2012 : Un enseignant du collège secondaire des Deux Thielles au Landeron a une altercation avec trois de ses élèves difficiles. Ils l’accusent de violence. Les parents contactent la police. L’enseignant part en arrêt maladie pour surmenage.

2 février : «L’Express» dévoile l’affaire  

4 février : «L’Express » publie une interview exclusive de l’enseignant. Ses propos sont repris dans «Le Matin».

6 février : Manifestation des élèves pour témoigner leur soutien à l’enseignant. Ils se déplacent jusqu’à Neuchâtel pour rencontrer le chef du Département de l’éducation, Philippe Gnaegi, absent ce jour là.

8 février : Une mère d’un des élèves « battus » dépose une plainte pénale.

28 février : Les enseignants du Landeron écrivent une lettre à P. Gnaegi pour dénoncer leurs conditions de travail et soutenir l’enseignant accusé.

29 février : Deux des trois élèves difficiles sont intégrés dans un centre pédagogique.

16 avril : L’enseignant reprend ses fonctions au Collège.

10 mai : La plaignante ne se présente pas à l’audience. La plainte est classée et l’enseignant est acquitté.

Questions à mes chers lecteurs:

1) Pourquoi certains professeurs sont poussés à bout dans le monde scolaire d’aujourd’hui?

2) Quels sont leurs moyens d’actions?

Déjà quelques éléments de réponses:

Pistes de réflexion:

, , , , , , , ,

  1. #1 by lethynguyen on November 11, 2012 - 11:55

    réponse à la question 1: c’est un problème d’éducation!! les parents laisse faire et les enseignants en subissent les conséquences!

  2. #2 by fabienfeissli on November 15, 2012 - 10:48

    1) Je ne suis pas sûr qu’il faille s’en prendre aux enfants. Ils ne sont pas nés différents (dans le sens plus méchants) que nous. Le problème est plutôt à chercher au niveau de l’éducation et donc des parents. Il serait important qu’ils soutiennent les enseignants. Un second problème est le manque d’appui des enseignants lorsqu’ils sont confrontés aux parents. Il est primordial que les établissements scolaires (via les doyens,etc) soutiennent leurs enseignants face aux parents sinon ils se retrouvent vraiment seuls.

  3. #3 by baumgartnerk on November 16, 2012 - 09:39

    Le vrai problème c’est l’autorité. Trop souvent c’est la parole de l’enfant contre celle de l’enseignant. Et Fabien a raison, dans ce cas là la direction de l’école doit appuyer les enseignants. Pour ne pas laisser les parents faire la loi! Chacun son job.
    Pour permettre un dialogue constructif entre parents-ensaignants, une association a été créée: l’association vaudoise des parents d’élèves APE. Voici un lien

    http://www.ape-vaud.ch/article.php3?id_article=44

  4. #4 by violetaferrermarin on November 22, 2012 - 12:32

    Je ne suis pas d’accord, le vrai problème n’est pas l’autorité. A mon avis, c’est une manière trop réductrice de voir le problème. La question est plus complexe, il faut se demander quelles sont les valeurs que nous transmettons à cette nouvelle génération? Quelles sont leurs peurs ? Quelles sont leurs frustrations. ?

    Par exemple, la division de la formation et des étudiants est pour moi une manière arbitraire de décider sur la vie de ces jeunes, qui sont dans une période très intense, dans la recherche de soi, en plein développement personnel intellectuel. Cette division à l’âge de 12 ou 13 ans, doit certainement augmenter leurs frustrations, leur rage et insatisfaction.

    Donc, il faudrait peut être se poser la question suivante: est-ce que le système éducatif actuel est la meilleure manière de former des professionnels et surtout des personnes comblés?

    Alors, tout ça ne justifie pas la violence envers les enseignants.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: