Le Golan, ce violent refrain du Proche-Orient

“Nous sommes sur le Golan, où le calme règne pour le moment, mais il y a quelques jours à peine, à quelques centaines de kilomètres au nord-est d’ici, nous avons vu des tirs de missiles de toutes sortes”, a déclaré le ministre de la défense israélien Ehoud Barak. “Il se peut que nous ayons ainsi assisté à une nouvelle démonstration de force, mais cet événement manifeste des craintes et une détresse plutôt qu’une confiance en soi du régime syrien”.  LEMONDE.FR, 06.12.11

Le Golan continue à faire parler de lui, année après année. Dans les mémoires, il se fait oublier pour un temps, puis revient brusquement à la charge, dans les pages internationales des journaux et sur les chaînes de télévision. Mais dans l’esprit des peuples du Proche-Orient, c’est un objet de convoitises et un faiseur de litiges qui ne s’est jamais ramolli au fil des années et des décennies, depuis l’issue fameuse de la guerre des Six Jours en juin 1967 quand Israël s’emparait de nouveaux territoires plus importants que sa propre superficie. Annexé officiellement par l’État hébreu en 1981, foulé ensuite par plusieurs dizaines de milliers de colons pour établir des kibboutzim, alors que le pouvoir syrien exige depuis lors la restitution de ces hauteurs stratégiques comme condition sine qua non pour établir la paix avec les Israéliens. Le Golan, témoin d’une histoire conflictuelle ciselée d’affrontements sanglants, ne cesse de hanter Syriens et Israéliens. Le Golan, ce territoire que l’on s’arrache armes à la main. Le Golan, ce violent refrain du Proche-Orient.

Le plateau du Golan n’oublie pas de faire parler de lui en 2011, dans le trouble des affrontements en Syrie occasionné par les effets du Printemps arabe. Mais d’abord, c’est comme chaque fois sur le terrain civilisé de la diplomatie que l’on se bat pour récupérer ses hauteurs, aux Nations Unies donc, notamment au cours de la session du Conseil des droits de l’homme en mars dernier (lire à cet effet l’article Nations-Unies: le Golan passe, la Syrie dans l’impasse).

Aujourd’hui, les Israéliens spéculent déjà sur le jour de la chute du régime de Bachar el-Assad et se tiennent prêt  sur le Golan à faire face à un éventuel sursaut d’orgueil de la famille syrienne au pouvoir, embourbée dans des affrontements internes depuis des mois. Pour comprendre d’avantage tous les tenants du conflit impliquant le Golan, un retour en arrière s’impose.

Les racines profondes d’un conflit

1967: les conséquences de la guerre

Au terme de la guerre des Six Jours, les Israéliens ont conquis un grand nombre de territoires ennemis en repoussant les Égyptiens, les Jordaniens et les Syriens qui volaient au secours du peuple palestinien, privé d’État depuis sa défaite contre Israël en 1948 (les Palestiniens  et les mêmes armées alliées attaquaient les Israéliens au lendemain du plan de partage de l’ONU, qui attribuait un État hébreu et un État palestinien). Les juifs gardent donc ces nouvelles terres et y envoient leur armée pour les occuper. Une nouvelle politique de colonisation va alors se mettre en place.

1977: la systématisation

Utilisant toutes sortes de prétextes et considérant le processus d’implantation dans les territoires occupés comme légal, les Israéliens établiront, lorsque leur gouvernement optera pour une politique systématique de réquisitions de terres, un très grand nombre de colonies, dont la fonction sera d’assurer d’une part la sécurité de l’État et, d’autre part, de permettre au peuple juif de retrouver entièrement ses racines bibliques. Mais l’occupation, les conditions de vie misérables dans les territoires et le processus constant d’implantation exacerberont la colère de la population palestinienne comme celle du peuple syrien, auquel ont été officiellement confisquées le Golan par l’annexion de 1981.

1981: le front stratégique

Depuis cette date, et malgré la restitution de la plus grande partie du Golan à la Syrie, Israël se refuse à abandonner le plateau, qui représente un important point d’accès à l’eau par le lac de Tibériade et une zone stratégique de défense du haut de la vallée du Jourdain. Hauteurs qu’ils jugent nécessaire étant donné les relations très tendues entretenues avec le Liban voisin et la Syrie elle-même au cours de la dernière décennie.

Les hauteurs du Golan devraient-elles rester en mains israéliennes pour assurer la défense du pays ou sont-elles sensées être restaurées aux Syriens, leurs premiers propriétaires? Donnez votre avis et faites vos commentaires à propos de l’un des conflits territoriaux les plus litigieux de l’histoire.

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  1. #1 by matthieuhenguely on December 13, 2011 - 09:06

    Quel casse-tête! En faire une zone apatride? Tout comme le centre de Jérusalem? ça pourrait être une solution mais ça ne ferait que repousser le conflit encore…

  2. #2 by dolinecha on December 13, 2011 - 10:03

    «Tous les maux que la guerre prétend guérir sont moins épouvantables que la guerre elle-même.»
    Victor Marguerite

    Mais qui sera un jour à même de trouver une solution à un tel conflit?

  3. #3 by gegette on December 13, 2011 - 10:04

    On tourne en rond depuis des années, mais c’est toujours pareil, ceux qui y trouvent un intérêt sont les derniers à faire changer les choses

  4. #4 by angel on December 13, 2011 - 10:27

    Encore un bon exemple de la complexité de la situation!je penche du côté du miracle personnellement!check l’article sur Jérusalem, les gens auront peut-être d’autres idées!

  5. #5 by mzellepika on December 13, 2011 - 13:02

    Merci pour cet article très bien rédigé, qui met bien en évidence tout le contexte du conflit en question.

  6. #6 by dianerodrigues on December 14, 2011 - 13:48

    Merci pour cet article d’un conflit dont je n’avais jamais entendu parler. Des fois, je me demande dans quel monde je vis…

  7. #7 by Drey on December 15, 2011 - 09:34

    Très bon article! Est-ce qu’il y aura réellement un jour une solution?? Difficile à dire!

  8. #8 by Laurine on December 15, 2011 - 11:38

    Super article. Pour y réagir, je ne parle qu’en mon nom, et n’expose que ma vision des choses (qui est sûrement incomplète)…

    La situation au Golan n’est pas différente de celle qui concerne les Territoires palestiniens. Dans les deux cas Israël a conquis des territoires suite à une guerre gagnée (celle des Six jours) puis en restitué une partie, avant d’installer des colons sur les terres gardées. D’un point de vue purement militaire et stratégique, Israël a été attaqué par les Etats arabes et Israël a fini par gagner la guerre (on fera l’impasse sur le comment).
    A la fin d’une guerre, tout le monde le sait bien, les gagnants remportent la mise, et les perdants rentrent bredouille. Le Golan était l’une de ces mises, donc est venu “logiquement” en mains israéliennes. Maintenant, la Syrie veut retrouver son territoire. D’un point de vue militaire et juridique, le Golan est l’un des biens d’Israël, gagné suite à une guerre, d’un point de vue morale et du “droit des peuples à disposer d’eux-même”, la question prend un autre angle.
    Chacun se diabolise l’un et l’autre. Si Israël cède le Golan, elle devra céder toutes ses possessions en Palestine…puis revoir ses frontières, son droit sur Jérusalem, etc..c’est l’effet boule-de-neige en diplomatie… Il y a des intérêts géostratégiques pour Israël au Golan, certainement, des intérêts pour les ressources sûrement, mais c’est surtout, un intérêt diplomatique. Puisque les frontières sont pour l’Etat ce que la neige est à Noël (pour prendre une comparaison superficielle mais de saison), lsraël et la Syrie tirent sur la corde… une victoire de la Syrie (le retour du Golan dans ses frontières) marquerait la faiblesse d’Israël – et non sa générosité ou son ouverture d’esprit-, alors qu’un Etat Israélien qui “tient bon” marque la force d’Israël et la faiblesse de la Syrie -et par extension des Etats arabes, qui ne l’oublions pas, constituent une menace directe pour Israël….enfin on pourrait continuer comme ça longtemps.

    Le message: la question n’est pas de savoir à qui doit revenir le Golan, mais quelle est la place d’Israël au Moyen-Orient. En répondant à cette question, la question du Golan..et de la Palestine… se résoudront d’elles même…
    A ce propos, je pense qu’une grande majorité des enfants qui naissent en Israël sont éduqués dans la peur des arabes, et vice-versa, les enfants arabes sont élevés au sein de communautés qui nourrissent une haine envers les Israéliens… La racine du problème: l’éducation des enfants…?!?!

    Je répète: c’est une vision des choses, et non pas LA bonne vision (il vaut mieux se protéger (;)

  9. #9 by audrey on February 27, 2012 - 16:17

    Vous avez rien d’autres a faire que dire des betises comme ca , comme si le monde , avez a faire des ideau de ptits francer bien au chaud chez eux ???
    Vous vous prenez pour des resitants de la dernirer heures qui n’etait bon qu’a tondre les femmes . Votre culture historique est nul , vous fetes du mal c’est tout .

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